Société Générale, « capitalisme financier » et cogestion
Société Générale, « capitalisme financier » et cogestion
Luis Gonzalez-Mestres03 februari 2008 – 14:49
De nombreux spécialistes, mais aussi des responsables politiques et syndicaux, se sont exprimés sur l'affaire de la Société Générale. Mais, à ce jour, ils n'ont fourni aucun descriptif global du système faisant la lumière sur des points esentiels de son fonctionnement. En particulier, celui-ci : qui fait des bénéfices, pour le compte de qui et au détriment de qui ?
La situation de la Société Générale, suite à des pertes de 4.9 milliards d’euros dans des transactions spéculatives d’un trader et de 2 milliards dans la crise des subprimes, a été l'occasion de vibrantes mises en cause du « capitalisme financier ». Mais il ne semble pas que les vagues puissent aller très loin. C’est en réalité dans le contexte d’une dérive institutionnelle globale et permanente, qu’il conviendrait d'analyser ces incidents : faillite des prétendus contrôles et contre-pouvoirs, résultats pervers de la cogestion et des « grands consensus », opacité croissante du fonctionnement du système... De toute façon, les grands mouvements spéculatifs profitent invariablement aux super-riches dont les « gestionnaires » ne sont que des exécutants. Et qui fait les frais de la spéculation quotidienne des banques ?
Que faut-il entendre par « capitalisme financier » ? A lire les déclarations suscitées par l'affaire de la Société Générale, on pourrait même croire que le pouvoir du grand capital est mis en cause par un certain nombre de dirigeants politiques. En réalité, il n'en est rien. Ces critiques visent quelques responsables et, parfois, certains circuits et modes d'opération dont les dérapages sont devenus trop voyants. Mais il n'y a là aucune contestation du système économique et social.
De surcroît, le verrouillage s'est montré fort efficace. Même les analystes du monde des affaires étaient unanimes à ne pas croire qu'un trader seul ait pu être à l'origine des 4.9 milliars de pertes spéculatives. Pourtant, le PDG de la Société Générale, Daniel Bouton, est resté en place avec le soutien actif de responsables syndicaux qui ont entrepris de le présenter comme un rempart contre un éventuel rachat de la banque. Mais peut-on raisonnablement croire qu'une telle décision dépendrait du choix du PDG ?
Est-ce vraiment le rôle des représentants du personnel, que d'apporter leur caution à un PDG qui en 2007, outre les pertes spéculatives de la banque, a lui-même effectué des opérations d'acquisition et de cession de stock-options qui lui ont rapporté une plus-value supérieure à trois millions d'euros ?
D'ailleurs, les représentants des salariés qui siègent au Conseil d'Administration de la Société Générale pouvaient-ils ignorer l'existence des activités spéculatives de la banque dont il paraît logique de penser que les « petits épargnants » et l'ensemble des salariés sont les premiers à faire les frais ? Car, pour que les banques gagnent, il faut bien que quelqu'un perde.
D'après Libération, un employé des « ressources humaines » aurait trouvé « anormal que ce soit Bouton qui paye » et a ajouté : « Si un employé pique dans la caisse, ce n’est pas au patron d’être viré » . De son côté, un administrateur salarié de la banque déclare : « La Société générale a toujours eu un très fort esprit de corps... ». Ce que l'on appelle couramment « esprit maison ». Mais ne peut-on précisément considérer la cogestion comme étant l'une des causes des dérives du système ?
Rappelons que la Société Générale doit également s'expliquer devant les tribunaux dans le cadre de l'affaire du Sentier.
Les déboires spéculatifs de telle ou telle banque ne mettent pas en cause la stabilité de l'actuel système économique. Mais certains incidents peuvent dévoiler, ou rappeler, des pratiques et des informations. A bien d'égards, l'analyse de l'état de la société actuelle et de son évolution au cours des décennies récentes reste à faire ou à compléter.
Seulement, comment préserver la capacité de produire des analyses indépendantes, dans un contexte où les principales organisations syndicales pratiquent la cogestion et où les établissements scientifiques et universitaires tendent à se rapprocher de plus en plus du secteur privé ? Pas seulement par rapport à ce domaine précis de l'activité économique, mais de manière plus globale, y compris dans des disciplines comme l'Histoire, les théories sociales, l'écologie... Or, la plupart des phénomènes nouveaux de notre époque nécessitent des études actualisés vraiment indépendantes.
Les médias ont beaucoup parlé de l'affaire de la Société Générale. Des spécialistes s'y sont largement exprimés. Pourtant, on n'a à aucun moment vu passer un descriptif global du système permettant de comprendre dans la transparence son fonctionnement. Notamment, qui fait des bénéfices, pour le compte de qui et au détriment de qui.
Voir mes trois articles récents :
http://scientia.blog.lemonde.fr/2008/01/28/laffaire-de-la-societe-generale-et-le-systeme-financier/« L’affaire de la Société Générale et le système financier » (28 janvier)
http://scientia.blog.lemonde.fr/2008/01/31/laffaire-de-la-societe-generale-et-le-systeme-institutionnel/« L’affaire de la Société Générale et le système institutionnel (I) » (31 janvier)
http://scientia.blog.lemonde.fr/2008/02/02/l%e2%80%99affaire-de-la-societe-generale-et-le-systeme-institutionnel-ii/ « L’affaire de la Société Générale et le système institutionnel (II) » (2 février)
Luis Gonzalez-Mestres, lgm_sci@yahoo.fr
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