APPEL A MOBILISATION
APPEL A MOBILISATION
RESF en Belgique21 februari 2008 – 22:25
Fourera GJIGAREY, Abdoulaye HIMA et leurs deux enfants sont menacés d’expulsion et en danger de mort au Niger
Fourera a 24 ans. Elle vient du Niger. A 16 ans, alors qu’elle allait encore à l’école, son père la marie de force avec un intégriste musulman de 60 ans, polygame. « Un jour, mon père m’a appelé et m’a dit que je devais me marier. Moi je voulais être docteur, je voulais aller à l’école. Le mariage était le lendemain », explique-t-elle.
Son mari lui interdit de sortir, la contraint à revêtir la burqah, à aller à la mosquée tout en lui interdisant l’école et la frappe. Les cicatrices qu’elle porte sont là pour en témoigner. Victime de coups quotidiens, un jour elle réagit et frappe son mari, il est inconscient, elle craint de l’avoir tué. Avec l’aide d’une tante, elle s’enfuit, gagne Cotonou, au Bénin, où elle pense pouvoir se réfugier… « Il fallait que je quitte le Niger, mais on m’a dit que le Bénin et le Niger c’était la même chose et qu’on me retrouverait si je restais là ».
Avec un passeur, elle a fini par embarquer sur un bateau sans connaître sa destination. C’est ainsi qu’elle est arrivée à Anvers en janvier 2002, où un Libanais l’a aidée à rejoindre Bruxelles.
Fourera a introduit une demande d’asile le 18 janvier 2002. L’Office des Etrangers lui rend une réponse négative 2 mois plus tard, au motif que le mariage forcé n’existerait pas au Niger et que le divorce y est autorisé. Seule et sans appui, Fourera a elle-même introduit un recours. Trois mois plus tard elle reçoit un OQT sous prétexte qu’elle n’aurait pas répondu à une convocation, qu’elle n’a pourtant jamais reçue.
Agé de 37 ans, Abdoulaye est un opposant au régime nigérien, arbitrairement accusé d’avoir incendié des bureaux de vote. Emprisonné et torturé, il a fini dans une cellule de quelques mètres carrés avec 78 autres prisonniers. A la suite d’une révolte, les gardiens ont lancé des grenades lacrymogènes dans la cellule, en bouchant toutes les ouvertures. 29 prisonniers sont décédés. Abdoulaye a profité de l’évacuation de la prison pour s’enfuir et gagner le Bénin. Embarqué sur un bateau avec d’autres immigrants, il a dû se soumettre au travail forcé pour payer son passage. Il a vu nombre de ses compagnons d’infortune mourir pendant la traversée jusqu’à Anvers, où il a débarqué en décembre 1999. Ayant introduit une demande d’asile, il a été hébergé dans un centre d’accueil, d’où il a été renvoyé lorsque cette demande d’asile lui a été refusée et qu’il a été débouté de son recours, en 2000.
Fourera et Aboulaye se sont rencontrés en 2002 et deux enfants sont nés : Hicham, en 2003 et une petite fille, Ranyya, en 2007. Hicham est scolarisé à l’Ecole fondamentale du Canal, dans la commune de Bruxelles Ville.
En 2003 alors que Fourera est enceinte, elle dépose une deuxième demande d’asile. Cette demande est, elle aussi, refusée pour preuves insuffisantes. Son avocat lui propose alors d’introduire une demande de régularisation, qui est rejetée en 2005, et pour laquelle un recours a été introduit, qui n’a reçu encore aucune réponse.
De son côté Abdoulaye a introduit une demande de régularisation en 2003, toujours en cours.
La police l’arrête le 7 décembre 2006, lors d’un contrôle d’identité, et prend contact avec l’Office des Etrangers, qui en profite pour clôturer son dossier en prétendant qu’il y aurait un avis négatif. Il est envoyé au centre fermé de Bruges, pendant un mois. Les autorités belges cherchent à obtenir, sans résultat, un laissez-passer pour le Niger, avec départ immédiat. Il découvre alors qu’il serait sous le coup d’un OQT depuis 2000, à la suite de sa première demande d’asile. Il conteste la réception de cet OQT quand la police lui montre un reçu non daté où figure une signature qui n’est pas la sienne. Abdoulaye, à sa sortie du centre fermé, refait une demande de régularisation en joignant une demande pour l’ensemble de sa famille.
Depuis qu’ils sont en Belgique, et malgré les difficultés qu’ils ont rencontrées, Fourera et Abdoulaye se sont intégrés : Abdoulaye travaille dès qu’il le peut, Fourera prend des cours de néerlandais et d’informatique, travaille bénévolement dans diverses associations et ils participent tous deux à la vie de leur commune et de leur quartier. Comme beaucoup de migrants, ils ont dû – lorsque l’argent a manqué – recourir à l’hébergement en centre d’accueil ; hébergés plusieurs mois au centre d’accueil le CASU, puis dans le centre Ariane, ils ont ensuite été transférés au centre ouvert à Virton, où ils sont restés 8 mois, puis sont rentrés à Bruxelles, où ils vivent depuis lors.
Sur les conseils de son avocat, Fourera a introduit une nouvelle demande de régularisation en 2007, toujours en suspens.
Une demande d’asile pour Abdoulaye, deux demandes d’asile pour Fourera, une demande de régularisation pour Abdoulaye, deux demandes de régularisation pour Fourera, une demande de régularisation pour la famille. Certaines décisions sont négatives, pour d’autres des recours sont encore en cours.
MAIS ils ont reçu un Ordre de Quitter le Territoire pour le 15 février 2008 !!!!
Fourera, Abdoulaye, Hicham et Ranyya sont en réel danger : s’ils sont expulsés au Niger, c’est l’explosion de leur famille et un très réel risque de mort pour les deux parents.
Selon la tradition islamiste – toujours en vigueur dans la plus grande partie du territoire - l’adultère est un crime : dans un pays où il est fréquent que la famille fasse « disparaître » la femme adultère, Fourera risque la lapidation et sera, de toutes façons, rejetée par sa famille que sa fuite a humiliée. Fourera est terrifiée par cela : « La lapidation, on dit que ça n’existe pas, que c’était avant, mais on le fait toujours en cachette, dans les familles. » Et elle a appris par sa tante que son mari la recherche et réclame à sa famille une compensation pour la fuite de son épouse : ce pourrait être une somme financière… ou sa sœur cadette, âgée de 17 ans.
Abdoulaye risque l’arrestation, la torture et la mort et, au minimum, n’aura de toutes façons aucun droit sur ses deux enfants, nés hors mariage, qui seront "confiés" à la famille de Fourera.
Nous, parents d’élèves, enseignants, citoyens, amis et voisins de Fourera et Abdoulaye, refusons que cette famille soit condamnée et éclatée. Nous refusons qu’Hicham et Ranyya soient privés de leurs parents et demandons la régularisation de la famille.
Nous rappelons à l’Office des Etrangers que, contrairement à ses assertions, le mariage forcé est une réalité au Niger, que la polygamie y est largement pratiquée, que les maltraitances faites aux femmes – telles que la lapidation et l’excision des petites filles avant leur quinzième année - y sont endémiques, comme en témoignent nombre de déclarations et de rapports d’agences onusiennes, dont ceux de l’UNICEF. Nous rappelons également que le Niger est le deuxième pays le plus pauvre du monde et qu’y renvoyer Fourera, Abdoulaye et leurs deux enfants serait refuser à ces derniers la vie décente et l’éducation à laquelle ils ont droit, en vertu des traités internationaux signés par la Belgique. Enfin, nous rappelons que ce pays est actuellement une zone de conflits, où les opposants sont torturés et assassinés. A cet égard, nous informons l’Office des Etrangers qu’en France, le Conseil d’Etat demande à l’Office de protection des Réfugiés et des Apatrides de ne pas considérer le Niger comme un « pays d’origine sûr », ce qui aura d’offrir l’asile aux ressortissants nigériens persécutés. Si le Niger n’est pas un « pays d’origine sûr » pour le Conseil d’Etat en France, il semble difficile et illogique qu’il le soit pour la Belgique qui dispose des mêmes informations sur la situation du pays !
Nous appelons tous les citoyens à se mobiliser autour de Fourera et Abdoulaye, afin d’obtenir leur régularisation, pour qu’ils puissent enfin construire sereinement leur vie ici et y élever leurs enfants.
Le comité de soutien de Fourera et Abdoulaye
Contacts : Judith Vaes 0474/92 35 62 (F) – Mimi Stevens 0474/ 86 11 67 (NL) – info@resf.be
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