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Epuration ethnique au Moyen-Orient

Epuration ethnique au Moyen-Orient



Bruxelles, 2 juillet 2008


Un tout petit événement historique a eu lieu hier dans un local exigu du Parlement Européen. C’était la première fois que la cause des réfugiés juifs des pays arabes était abordée dans le cadre de cette institution, soixante ans après les faits.


L’initiateur de cette rencontre était le député européen Paolo Casaca du Portugal, qui défend par ailleurs la cause des minorités ethno-religieuses chrétiennes du Moyen-Orient. D’autres députés européens étaient présents. Casaca déplorait que les deux causes soient aujourd’hui encore presque inconnues des Européens.



Les orateurs, Moïse Rahmani (Egypte), Edwin Shuker (Irak) et Carole Basri (Irak) étaient tous particulièrement captivants tant par leur verve, leur savoir et la tristesse dignement assumée qui se dégageait de leurs récits de persécution et d’exode.



Carole Basri est académicienne. Son travail a consisté à retracer les faits qui ont conduit à l’exode des Juifs indigènes des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord à la lumière du droit international. Issue d’une famille de notables juifs de Bagdad, elle retrace ses racines en Mésopotamie jusqu’à l’époque du « premier exil » judéen à Babylone, il y a 2700 ans. Elle a abordé systématiquement les définitions des termes de « réfugiés » et d’ « épuration ethnique ». Pour elle, il est incompréhensible que la résolution 242 de l’ONU au sujet du conflit israélo-arabe (1967) aborde la problématique d’un « juste règlement du problème des réfugiés » alors que dans la pratique son application n’a été demandée que dans le sens d’une justice pour les réfugiés palestiniens et non pour les réfugiés juifs, pourtant plus nombreux.



Une centaine de résolutions de l’ONU concernent les réfugiés palestiniens (750.000 personnes), alors que pas une seule n’a été formulée pour les réfugiés juifs. La population juive (900.000 personnes) des pays déclarés strictement « arabes » par leurs gouvernements respectifs a été presque entièrement contrainte de fuir. Tous les critères d’une « épuration ethnique » sont réunis pour que l’on puisse honnêtement utiliser ce terme afin de qualifier les procédés politiques mis en jeu, d’autant plus que les populations chassées ne représentaient en rien une menace militaire. Enfin, une véritable paix ne peut s’établir que si les problèmes des réfugiés des deux groupes en conflit sont abordés. Cela implique, selon Basri, une reconnaissance du tort commis par une grande partie des pays arabes, travail qui n’a pas encore été entamé.



Edwin Shuker a fait un récit détaillé de la période noire qu’a vécue sa famille en Irak sous le joug du nationalisme arabe baathiste. Il raconte comment un jour, enfant, il a été poursuivi par une bande de garçons qui voulaient le battre parce qu’il était juif. Un homme musulman l’a pris dans ses bras et a menacé ses poursuivants de le défendre avec sa vie. Un jour, sa famille a entendu qu’elle avait deux heures pour abandonner son foyer. Il regrette de ne pas avoir pu dire au revoir à son voisin et ami musulman Younous, qu’il aimerait retrouver aujourd’hui. Ses parents ne pouvaient emmener que le minimum vital – selon le décret en vigueur pour les Juifs – perdant ainsi tous leurs biens et même leurs photos de famille. Il parle d’une mémoire effacée. Edwin Shuker anime l’association JJAC, Justice for Jewish of Arab Countries, voir www.justiceforjews.com où vous trouverez un court film très poignant sur le sujet et une section en français.



Moïse Rahmani, auteur de « L’exode oublié : Juifs des pays arabes », a également évoqué l’interdiction pour tous de préserver la mémoire de ce passé révolu, but atteint au-delà de tout espoir puisque même en Europe on n’en avait aucun souvenir. Une anecdote : alors qu’il avait soufflé quelques mots d’arabe à une jeune égyptienne, elle lui avait demandé comment il connaissait sa langue. Il a dit qu’il était un Juif d’Egypte. Elle a répondu qu’elle ne savait pas qu’il y avait eu des Juifs en Egypte. Presque trois mille ans de présence autochtone effacée des mémoires. Rahmani espérait que, « inch’allah », les enfants de ses anciens voisins se souviendront un jour à nouveau des siens. Récemment, un petit groupe de vieux Israéliens voulaient retrouver leurs lieux de naissance en Egypte. Les Egyptiens les en ont empêché. Rahmani déplorait que les gardiens des cimetières eux-mêmes ont du quitter et qu’entretemps les cimetières juifs ont été rasés par les autorités.



Un intervenant amazigh (berbère) a fait remarquer que ce travail de mémoire qui était fait par des Juifs d’Orient aujourd’hui avait une grande importance aussi pour les dizaines de millions de personnes appartenant à des minorités dans les pays arabes (ou « arabistes », pour reprendre son jargon de puriste) et ailleurs, interdites de parole. Pour lui, les Juifs de ces pays ont été « punis » non seulement parce que leurs frères avaient constitué un état-nation qui se soustrayait à une autorité arabo-musulmane, mais aussi pour prévenir et menacer toutes les autres minorités (Kurdes, Assyriens etc.) afin qu’elles n’aient jamais l’audace de demander l’une ou l’autre forme d’autonomie.



L’effacement du souvenir de ces Juifs était aussi une manière d’assurer un caractère de plus en plus strictement arabo-musulman au Moyen-Orient, menant à des épurations ethniques de tous ordres loin des caméras de télévision. Par exemple, les communautés chrétiennes, dernières gardiennes d’une identité et d’une culture indigène (assyrienne, maronite etc.) et lourdement atrophiées au fil des siècles, sont en passe de disparaître complètement de certaines régions aujourd’hui.