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La "mouvance jeune" gêne la gouvernance des "vieux" !

La "mouvance jeune" gêne la gouvernance des "vieux" !

Article sur la révolte de la jeunesse contemporaine.

La guerre a commencé. Depuis longtemps les jeunes et les vieux* se sont jaugés, se sont ignorés, se sont engueulés, mais voila que l'offensive a réellement commencé. Qu'on se le dise : les jeunes ont décidé de prendre les armes pour mettre un terme au règne rétrograde des vieux. Oui, car derrière tous les termes que la presse des vieux emploie pour désigner les révoltés de la jeunesse, il n'y a qu'une seule et même réalité : les vieux ne comprendront jamais la colère des jeunes. Les "bandes" de "casseurs" et d"anarchistes" ont décidé de mener une intifada contre la milice des vieux, afin qu'on se rende enfin compte des inégalités criantes qui règnent sur le monde. Qu'est-ce qui distingue donc ces jeunes d'aujourd'hui des jeunes d'hier, des étudiants de 1968 ? Peu de choses, si ce n'est que nous sommes la génération née avec le chômage. Nous sommes également la première génération née en même temps que les enfants d'immigrés : nous avons grandi AVEC leur différence, nous AIMONS leur différence, nous VIVONS notre différence. Que les vieux se tiennent bien, car ils se rendront un peu plus compte chaque jour combien les jeunes, TOUS les jeunes, ressentent aujourd'hui la même colère face à cette soupe économique que les vieux nous ont patiemment concoctés depuis que le capitalisme leur tient lieu de doctrine. Qu'ils se réjouissent car ils nous ont habitué à la violence des rapports sociaux, ils nous habitué à la banalité du mal, ils nous ont habitué à la précarité et à la vue de l'indigence, et ils ont fini, par le biais de leurs élites politiques, à nous habituer à l'indifférence des gouvernants.

Notre colère a grandi, a grandi, et il a fallu que nos frères d'origine étrangère fassent exploser leurs ghettos pour que nous prenions conscience de la pertinence de la révolte urbaine. Les vieux ont cru qu'il aurait suffit de nous couvrir du confort matériel pour nous faire croire au bonheur, ils ont cru que les pistes cyclables et les abribus nous rendraient plus confiant en l'avenir, qu'il suffisait de démocratiser l'accès aux hautes technologies et à la grande distribution pour nous rendre idiots. Mais ils sont forcés de constater que nous détruisons avec jouissance le mobilier urbain et volons les produits marchands, car ils ne représentent aucune amélioration des conditions d'existence sociale : ils ne sont que des mirages pour cacher l'échec des vieilles politiques et c'est bien pour cela que nous n'avons aucun respect pour ces choses qui ont pris plus de valeur que nos vies. Que les vieux apprennent à lire dans la radicalité de la jeunesse l'étendue de leurs erreurs. Les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas les jeunes d'hier et ne deviendront jamais comme les vieux d'aujourd'hui, car ils ont grandi avec le mépris envers le système, envers les concepts et valeurs qui faisaient l’ancien régime et qui ont fait également les régimes autoritaires et fascistes du 20ème siècle. Ces mêmes valeurs nous ont fait croire que le colonialisme avait disparu, mais lui ont permis en réalité de s’incruster dans nos quartiers, dans nos banlieues et dans nos esprits, pour finalement pourrir les consciences d’une majorité prête à voter pour des néo-conservateurs comme Sarkozy ou Berlusconi.

Les jeunes ne sont plus dupes ! Les vieux auront beau s’écouter parler sur les plateaux de télévision, nous insulter de « sauvageons », de « racailles », de « casseurs » ou de « terroristes », de qualifier nos regroupements de « bandes » ou de « mouvances », ils ne pourront plus mentir bien longtemps, car tout le monde se rend bien compte qu’ils ont décidé d’attaquer la jeunesse dans son ensemble, qu’elle soit de parents français ou immigrés. Qu’ils soient de classes moyennes ou nés dans les banlieues, qu’ils soient noirs, blancs ou beurs, les jeunes sont devenus les cibles permanentes de la répression d’Etat : les vieux n’acceptent pas notre radicalité et nos écarts. En réalité, si les jeunes sont des terroristes, c’est uniquement parce que leur colère terrorise les vieux : leur instabilité, leur précarité et leur échec scolaire leur font peur, parce qu’ils sont les preuves de leur incompétence politique. Les jeunes ne veulent plus jouer le jeu et ne croient plus en rien. La seule chose en laquelle ils croient encore, c’est la révolte urbaine.

Si les jeunes brûlent des voitures, si ils enflamment des poubelles, si ils lancent des cocktails Molotov, c’est parce qu’ils pensent désormais que rien ne pourra changer les choses si ce n’est une politique de la terre brûlée : ils sacrifient aux flammes tout ce qui les a trompé, tout ce qui représente cet énorme mensonge dans lequel s’est plongé la société contemporaine. Mais les autorités, les politiques, ne comprennent pas : ils pensent qu’il suffit d’installer des caméras partout, ils pensent qu’il suffit de mieux armer leur police ou de lui fournir des outils de torture comme le taser, ils pensent qu’il suffit d’adapter la justice aux mineurs pour les juger et les condamner comme des adultes, ils pensent qu’il suffit de transformer l’école pour coller les jeunes au travail plus tôt et leur apprendre de force des valeurs qui ont perdu tout leur sens. La République est morte, la liberté est restreinte, l’égalité est un mensonge, la fraternité est salie par la xénophobie d’Etat, la marseillaise est un champ haineux, les élections mettent au pouvoir des menteurs, les services publics sont sacrifiés au Marché, la justice est soumise à l’idéologie sécuritaire et la police est lâchée dans les rues avec toujours plus de libertés… La jeunesse n’accepte plus ce système !

Mais les vieux sont aveugles, ils n’ont pas lu les paroles des groupes de rap et de rock, ils n’ont rien appris des émeutes de banlieues et des révoltes étudiantes, ils ne comprennent pas lorsqu’ils voient des milliers de jeunes cagoulés s’en prendre aux symboles de la société de consommation et du tout sécuritaire, ils ne comprennent toujours pas lorsque des millions de jeunes rejettent l’école et les représentants de l’autorité.

Alors que des milliers de jeunes ont affronté la police dans les banlieues depuis l’automne 2005,
Alors que des milliers de jeunes affrontent la police chaque année aux sommets du G8,
Alors que 800 jeunes ont affronté la police à Vichy pour protester contre les lois européennes sur l’immigration le 3 novembre 2008,
Alors que 1000 jeunes ont attaqué le centre de rétention pour étrangers de Sandholmlejren au Danemark le 25 octobre 2008,
Alors que 5000 jeunes ont affronté la police dans les rues de plusieurs villes grecques du 7 au 9 décembre 2008 pour se révolter contre les violences policières,
Alors que tout semble montrer que la jeunesse ne supporte plus les humiliations du système capitaliste, les vieux ne comprennent toujours pas…

Qu’attendent-ils pour construire maintenant un monde meilleur ? Que les jeunes s’organisent ?
ALORS QU’ILS N’ATTENDENT PAS TROP, CAR LES JEUNES S’ORGANISENT !

* tous les « vieux » ne sont pas visés par cet article : il s’agit de tous les adultes qui ont un esprit rétrograde et anti-jeunes, qui croient dans le capitalisme, qu’il soit libéral ou non, dans l’ordre moral et sécuritaire et dans les idéologies autoritaires, dans la fermeture des frontières, et qui adoptent des comportements discriminatoires et/ou sexistes.