L'affaire de la Société générale et les déclarations des autorités politiques
L'affaire de la Société générale et les déclarations des autorités politiques
Luis Gonzalez-Mestres08 februari 2008 – 17:33
Des autorités françaises et européennes se sont exprimées sur l'affaire de la Société Générale. Mais leur seul souci semble être la préservation de la stabilité du système financier. La véritable question que les citoyens peuvent se poser, à savoir, celle de la légitimité de la spéculation boursière des banques, n'a à aucun moment été soulevée.
Le gouvernement français et les institutions de l'Union Européenne ont réagi, au cours des deux dernières semaines, à la perte spéculative de 4.9 milliards d'euros par la Société Générale. Notamment, par un rapport du Ministère français de l'Economie et des Finances et par des déclarations du Commissaire européen aux Marchés Intérieurs et aux Services. Mais les préoccupations qu'ils expriment ne comportent aucune véritable critique de l'actuel système financier.
Suit mon article de ce jour sur mon blog :
http://scientia.blog.lemonde.fr/2008/02/08/l%e2%80%99affaire-de-la-socie...
L’affaire de la Société Générale et le système institutionnel (III)
Le rapport du 4 février du Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi laisse sans réponse les véritables questions que les citoyens peuvent se poser.
Le vocabulaire des médias a "glissé" des derniers jours et, au lieu de l'affaire de la Société Générale, on évoque une "affaire Kerviel". Même si le Commisaire européen au marché intérieur Charlie Mc Creevy a clairement mis en cause la banque. Pour Mc Creevy, "il est inexcusable que toute la valeur de marché d'une institution financière puisse être mise en péril par une imprudence aussi abjecte de la part d'une des plus grandes banques européennes".
Le 4 février, le Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi a remis à la Présidence de la République un rapport de 11 pages, accessible à l'adresse:
qui évoque pour l'essentiel la question du contrôle des opérations de marché des banques mais qui, comme le Commissaire européen, en reste à la question de ce contrôle ayant uniquement en vue la stabilité de l'actuel système financier. Pourtant, qu'ils s'agisse de commissaires européennes ou de ministères de pays membres, ces instances sont censées représenter les citoyens et qui auraient pu, à ce titre, soulever d'autres questions.
Le rapport du Ministère français évoque une "activité" (de Jérôme Kerviel) consistant à "gérer en parallèle deux portefeuilles de taille et de composition proches [auprès de marchés différents], l'un devant couvrir l'autre". Dans ces opérations, "le risque généré, mais également le résultat net dégagé, sont censés être faibles en comparaison des engagements bruts résultant des portefeuilles", explique le rapport. Pour le citoyen qui lit un descriptif pareil, il s'agit de spéculation pure.
Dès lors, la question semble aller de soi: est-ce admissible que les banques spéculent en bourse, de surcroît au quotidien, recourant à des moyens sophistiqués et avec de tels montants ? Sur ce point essentiel, le silence institutionnel peut surprendre. D'autant plus, qu'une telle spéculation "autonome" doit bien rechercher des bénéfices au détriment de "perdants" non identifiés. Peut-il s'agir des "petits clients" des banques ?
Le rapport ministèriel encourage "l''ensemble de la Place, établissements et autorités" à "dégager les meilleures pratiques et les règles de nature à renforcer la sécurité opérationnelle". Mais l'opinion publique peut s'intéresser à d'autres problématiques en rapport avec la spéculation bancaire. D'autant plus que, théoriquement, les banques sont censées assurer un service public.
Par exemple, à quels taux achète et vend une banque pour son compte via les "activités d'arbitragistes sur dérivés actions", et à quels taux opère-t-elle pour le compte des "petits clients" ? Un peu plus de transparence sur ce genre de questions serait sans doute apprécié par les "petits épargnants".
On reste d'ailleurs, à ce jour, sans un descriptif global du système permettant de comprendre dans la transparence son véritable fonctionnement "extra-technique". Notamment, qui fait des bénéfices, pour le compte de qui et au détriment de qui. C'est pourtant cette dernière question qui aurait le plus intéressé la grande majorité des citoyens.
Dans la pratique, pour l'actuel système bancaire, la notion de service public semble faire partie d'un univers lointain. Au point que, lorsque le gouvernement se plaint de ne pas avoir été prévenu avant le 23 février des problèmes de la Société Générale, l'ancien rédacteur en chef de Libération et directeur adjoint de l'Expansion Pierre Briançon lui répond dans Le Monde du 5 février:
"Les banquiers pensent devoir rendre des comptes à leurs actionnaires, au régulateur, ou à leurs salariés. Pas au pouvoir politique."
Pas plus qu'aux salariés dont les rémunérations transitent par les banques de manière imposée, ni aux "petits épargnants" qui leur confient leurs économies faute d'autre interlocuteur...
(fin de l'article)
Ajoutons que, dans un article que vient de diffuser Le Monde, intitulé : "De l'avantage pour la Société générale d'être une proie", Pierre Briançon estime que "Bien gérée, l'opération [de recapitalisation de la Société Générale] pourrait même aider la Société générale à tourner la page Kerviel, en lui permettant de se concentrer sur la défense des intérêts de ses actionnaires". Tout compte fait, le monde des affaires s'en tirera très bien, et la question de savoir sur qui (et au bénéfice de qui) sont pris les bénéfices de la spéculation des banques restera sans aucune enquête institutionnelle.
Luis Gonzalez-Mestres
lgm_sci@yahoo.fr
http://scientia.blog.lemonde.fr
Nieuwslijnmeer
- Indymedia.be is niet meer
- Foto Actie holebi's - Mechelen, 27 februari
- Lawaaidemo aan De Refuge te Brugge
- Recht op Gezondheid voor Mensen in Armoede
- Carrefour: ‘Vechten voor onze job en geen dop!’
- Afscheid van Indymedia.be in de Vooruit in Gent en lancering nieuw medium: het wordt.. DeWereldMorgen.be
- Reeks kraakpanden in Ledeberg met groot machtsvertoon ontruimd
- Forum 2020 en de mobiliteitsknoop
- Vlaamse regering kan niet om voorstel Forum 2020 heen (fietsen)
- Fotoreportage Ster - Studenten tegen racisme
















