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Dislocation des organismes de recherche français et perte d’indépendance des scientifiques

Dislocation des organismes de recherche français et perte d’indépendance des scientifiques

Les choix et résultats de la recherche scientifique constituent un grand enjeu de société. Leur diffusion dans la transparence à tous les citoyens est devenue essentielle. Mais le gouvernement français impose en ce moment même des restructurations des organismes scientifiques qui vont, précisément, dans le sens d'une plus grande opacité et d'une perte d'indépendance des chercheurs. Ceci au détriment même d'une qualité de la recherche au nom de laquelle on justifie la casse en cours.

Les restructurations des organismes de recherche scientifique français annoncées après les réunions du 27 mars des conseils d'administration du CNRS et de l'INSERM préparent, entre autres, une perte d'indépendance des chercheurs. Ces derniers risquent de se trouver embrigadés dans des méga-projets, sans guère de possibilité de prendre des initiatives vraiment autonomes. A l'intérieur de chacun des instituts dont la création est prévue, il sera très difficile pour la plupart des scientifiques d'entreprendre des collaborations interdisciplinaires avec des collègues relevant d'autres instituts. Ce qui paraît particulièrement choquant, pour une « réforme » imposée au nom de l'« élitisme », c'est que non seulement les conséquences pratiques des mesures annoncées semblent devoir aller à l'opposé des principes affichés, mais la disparition des département scientifiques du CNRS au bénéfice d'un ensemble d'instituts mettra fin au mode d'organisation au sein duquel tous les Prix Nobel français des dernières décennies ont été obtenus. Qu'en est-il de la cohérence d'une telle stratégie, sauf à l'intérpréter en termes d'autres types d'intérêts ?

 
Que deviendra la recherche française ? Le communiqué du 27 mars émis par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) après la réunion de son conseil d'administration, tend à confirmer l'imminence d'une dislocation de cet établisement, prélude à sa transformation en simple agence de moyens. Dans leur lettre du 17 mars, la présidente du CNRS Catherine Bréchignac et son directeur général Arnold Migus avaient déjà annoncé les nouvelles orientations suite à la « feuille de route » de la ministre Valérie Pécresse.  Les discours de Nicolas Sarkozy à Orsay (le 28  janvier) et aux entretiens annuels de l’ASMEP (le 5 mars) avaient déjà été très parlants sur la nature des injonctions adressées aux responsables du CNRS. La situation est analogue pour l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) dont le conseil d'administration, également réuni le 27 mars, a approuvé un projet de réorganisation transformant l'organisme en un ensemble de huit instituts. Les mutations en cours semblent bien correspondre à un projet de suppression des activités scientifiques de ces deux établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST). Malgré ce constat, force est de remarquer la contradiction entre la politique de soutien à l'interdisciplinarité proclamée par tous les gouvernements depuis trois décennies, et pas seulement pour la recherche scientifique, et le cloisonnement qu'entraînera la désintégration du CNRS et de l'INSERM en un ensemble d'instituts pratiquement indépendants et de taille beaucoup plus réduite.

 

 A propos de la réunion du 27 mars de son conseil d'administration, le communiqué du CNRS précise :

« Au cours de cette séance, le conseil a notamment abordé l’affirmation des valeurs du CNRS, la modernisation du partenariat avec les universités et l’interaction du CNRS avec son environnement, l’évolution de l’organisation interne du CNRS en instituts pour améliorer la visibilité et la cohérence de ses actions, ainsi que l’interdisciplinarité ».

Mais la dernière partie de ce paragraphe comporte une contradiction, car précisément la division annoncée du CNRS en instituts destinés à devenir de fait indépendants s'oppose aux notions de cohérence globale et d'interdisciplinarité. L'organisation en instituts préparera une domination accrue de grands projets dits « fédérateurs » propres à chaque institut et au sein desquels l'indépendance et la liberté d'initiative des chercheurs seront très réduites. La possibilité concrète, pour la grande majorité des scientifiques, de mettre en place des collaborations interdisciplinaires avec des collègues des autres instituts se heurtera à de sévères limitations.

Et comment comprendre la disparition prochaine des départements scientifiques au nom d'une politique qui se veut « élitiste », alors que précisément  tous les Prix Nobel français de l'après-guerre ont résulté du travail d'individus ou de « petits groupes », et que tous sauf un (celui obtenu par Georges Charpak dans le cadre d'un organisme international, le CERN) ont été obtenus dans des domaines scientifiques gérés dans le cadre de départements scientifiques « sans institut » ? La plus grande liberté des chercheurs a sans douté été un ingrédient déterminant de ces réussites.

 

Ce qui peut frapper avant tout, dans la manière dont les restructurations en cours de la recherche française ont été préparées et définies,  c'est l'absence apparente de débat de fond transparent sur un certain nombre de questions essentielles. L'indépendance des chercheurs est l'une des plus importantes. 

Voir aussi :

« L'indépendance des chercheurs, un grand enjeu citoyen au niveau planétaire  » (7 mars 2008)
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/07/l-independance-des-chercheurs-un-grand-enjeu-citoyen-au-nive.html
 

« Sarkozy, Pécresse, la « réforme » du CNRS et le « vieux statut mité » des chercheurs français  » (23 mars 2008)
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/18/nicolas-sarkozy-la-reforme-du-cnrs-et-le-vieux-statut-mite-d.html

 

Indépendance des Chercheurs 

http://www.geocities.com/indep_chercheurs

http://fr.blog.360.yahoo.com/indep_chercheurs

http://science21.blogs.courrierinternational.com