Sabotons la machine à expulsion
Sabotons la machine à expulsion
Des étrangers à l'ordre mondial02 oktober 2008 – 16:09
Sabotons la machine à expulsion
L'espace public que nous habitons quotidiennement est d'abord le lieu de la circulation du capital et des marchandises, mais aussi le lieu des contrôles d'identité ou au faciès, le lieu de la peur généralisée. Au sein de l'ordre social, la rengaine policière est toujours la même : « circulez, il n'y a rien à voir ». Pourtant, la rue est aussi le lieu de l'organisation quotidienne, des petites enroules, des ruelles sombres, des rencontres imprévues et des émeutes. Prendre au sérieux la violence quotidienne qui nous est faite, ce n'est plus monter dans un bus quand une rafle est en train de se passer, ce n'est plus signer une pétition quand il y a une grève de la faim, ce n'est plus tenter de convaincre ceux qui ne nous écouteront jamais, ce n'est plus demander lorsque il s'agit de prendre.
Aucun slogan réformiste n'est opérant. Aucun gouvernement ne peut régulariser tous les sans-papiers, arrêter les rafles ou supprimer des centres fermés. Ce n'est pas Turtelboom qui produirait une politique « inhumaine » ou « injuste », c'est que la fonction première de l'Etat et de ses institutions est de prévenir et de neutraliser toute conflictualité pour imposer la paix sociale. Ce n'est que depuis un bouleversement radical des conditions d'existence qui produisent ce monde, que la « suppression des centres fermés » trouvera une consistance réelle, que nous pourrions tous avoir des papiers, ou mieux, ne plus en avoir.
Lorsque nous sommes dans les rues sans avoir demandé d'autorisation à la police, nous apprenons à nous défaire des illusions de la démocratie parlementaire. Faire émerger cette conflictualité, c'est assumer notre étrangeté à ce monde. Habiter cette étrangeté, non pour la résoudre mais pour la faire exploser, pour lui donner une force afin de la propager.
Face aux rafles et aux déportations, face aux humiliations quotidiennes produites par l'école, le travail ou la police,
Pris dans un contrôle qui s'impose chaque jour un peu plus dans nos rues par les caméras, les flics de quartiers, les citoyens-flics, l'accroissement des lois d'exception,
Face à la criminalisation des luttes et à la répression qui l'accompagne,
Face au traitement médiatique, sociologique ou politologique des mouvements de résistance,
Devant l'insuffisance révélée des modes de luttes de sans-papiers ou de leur organisation,
Les seuls actes à la hauteur de la situation, c'est un groupe qui se forme pour empêcher une expulsion, un centre fermé qui crame, des réseaux qui s'organisent pour s'opposer aux rafles.
Apprenons à ignorer le pouvoir du flic qui nous demande de rentrer chez nous, à ignorer la peur sociale qui nous fait nous censurer ou ne pas oser affirmer ce qui est pour nous le vrai parce que « les gens » ne le comprendraient pas,
apprenons à ne plus avoir honte de notre rage mais à la partager.
Des étrangers à l'ordre mondial (CAS)
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Très chouette texte ...
Nic, 03/10/2008 – 09:11
Très chouette texte ...